Dans laquelle je viens jeter mes peines,
Regarde de par ton eau, regarde de par ta pierre,
La dernière prestation de ma vie éphémère:
Vêtue de noir et de dentelles,
J'avance souriante et belle,
Laissant derrière mes douces souffrances,
Et monte la marche de ma potence.
Je retire mon haut et le lance,
Sans vent; cheveux et jupe balancent,
À la main, une arme trop longtemps restée blanche,
Quand tout mon corps vers l'arrière se penche.
Pénétrée entre mes seins,
Je déchire un chemin
Qui s'arrête au nombril,
Puis je retire la lame chérie.
Je prends un temps pour écouter ma respiration,
Puis je n'ai même pas d'hésitation,
Mon bras plonge dans mon corps,
Et il en gicle plus de sang encore.
À tâtons, mes doigts empoignent mon coeur,
Et l'arrachent vers l'extérieur,
Entre chaque halètement, je souris,
Tandis que lui se débat pour rester en vie.
Je chancelle et me dépêche de tout sectionner
Ce qui le retient amarré,
Sans vie, je vois toujours la scène:
La lame dans le coeur dans la main, l'eau qui se déchaîne,
Car je tombe dans le bassin d'eau par mon sang devenue rosée,
Où maintenant elle pleut sur l'heureuse suicidée.